comment faire quand on aime pas la personne que l'on est ? comment accepter que quelqu'un vous aime dans ces conditions ? que faire quand il est trop tard pour changer ? que faire de soi ?
je me demande souvent pourquoi mes amis sont mes amis, qu'est-ce qu'ils me trouvent ? je suis tellement quelconque, chiant ; au niveau amoureux cette interrogation se mêle à la question de la séduction : comment un garçon peut-il avoir envie de moi ? vouloir être avec moi ? rester avec moi ? quand on ne s'aime pas, il est difficile de concevoir tout cela ;
ou alors il faut que je juge le mec en question pas vraiment attirant, pas vraiment intéressant pour concevoir qu'il soit avec moi et alors, comment tomber amoureux d'un mec que l'on méprise quelque part ? je suis dans ce schéma affectif dysfonctionnel depuis très longtemps maintenant, un moment j'ai pu croire qu'une thérapie pourrait changer ça mais plus maintenant, je pense que la personnalité d'un individu est fixée vers 25 ans, après il faut faire avec ;
je suis donc pour toujours une personne qui manque pathologiquement de confiance en elle, à tel point qu'il m'est impossible d'imaginer qu'un mec que je trouve bandant veuille de moi et il me reste si peu de temps pour me caser ;
face à la question du célibat, récurrente depuis le début de ce blog et plus encore depuis mon arrivée à Paris, je panique complètement comme un animal traqué, je m'agite de toutes parts pour trouver une issue, je multiplie les rencards, les contacts sur internet, je suis terrorisé par l'idée de rester seul, j'imagine que dans mon esprit, la seule chose que je pouvais encore apporter à un mec était une vague apparence attirante (à laquelle je ne crois pas quand je me vois dans la glace ou en photo mais qui a pu exister dans le regard de l'autre) mais c'est fini tout ça, je suis vieux, je suis moche, je n'ai plus rien à proposer en échange d'affection ;
de quoi sont faites nos vies ? cancer, dépression, chômage ... je regarde autour de moi, je vois T. en clinique psy depuis plusieurs semaines, empêtré dans une dépression encore plus coriace que la mienne, qui m'envoie des textos désespérés auxquels je ne sais pas quoi répondre parce que je n'y crois plus non plus ; je vois M. à Londres à qui on a découvert une tumeur au cerveau à 33 ans qui fait des rayons et bientôt une chimio, mon ami M. dont j'étais si proche il y a quelques années qui m'avait emmené à St-Trop l'été de mes 21 ans ; je vois N. ma première (et seule) longue histoire, avec qui j'ai passé 4 ans, qui a pris si soin de moi toutes ces années qui ne trouve pas de boulot, qui ne peut pas me rembourser les dizaines de milliers d'euros qu'il me doit ;
c'est ça nos vies ;
c'est déjà fini ?
















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