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Mardi 23 juin 2009
ouais c'est vrai que ça va mieux, j'ai plus d'énergie, je fais davantage de choses, je sors plus, je renoue avec mes amis sans m'être compromis, je me rends compte de la chance que j'ai d'être entouré par tant de belles personnes, je cesse de me sentir seul, j'apprécie leur présence, les longues heures passées au téléphone avec eux, les projets, je prends soin de ma famille aussi, tout est plus simple quand on est moins malheureux ;

l'angoisse se fait plus rare, je me surprends à espérer, je reste pessimiste tout de même, on ne change pas ça à mon âge ;

je voulais un dernier été à Paris, je voulais me sentir une dernière fois beau et désirable dans les yeux d'un autre, je voulais passer des nuits moites en club, m'enivrer une dernière fois, rire de mes fausses dents blanches et séduire ;

mais la plupart du temps, je me sens tellement mal dans ma peau, j'ai beau multiplié les séances de gym, les uv, les crèmes, les masques, les soins, les artifices, les chemises trop serrées pour être honnêtes, ce que j'aperçois fugacement dans la glace ne me convient que très rarement et la lumière n'est pas souvent mon amie ;

parfois je me sens comme le maître du monde le temps de deux stations de métro puis le rêve s'évanouit ;

je n'ai toujours pas embrassé de garçon, j'ai hésité au Queen dimanche dernier, mais je n'arrive plus à me convaincre comme l'année dernière de sortir avec un mec qui ne me plaît pas vraiment, lorsque le désespoir s'en va je redeviens too picky comme me l'a fait remarquer justement un adorable américain ; 

en fait le problème est que lorsque je trouve un mec vraiment bandant, je rentre en concurrence avec lui et me sens moche par comparaison, je ne me sens pas assez bien pour être avec un mec vraiment mignon, il faut avoir confiance en soi pour cela et j'en manque toujours cruellement ;

c'est pour cela que je me retrouve toujours avec des mecs que je considère, à tort ou à raison, moins attirant que moi, ils ne constituent pas une menace à mes yeux ;

ah il y a bien ce mec avec qui j'ai passé quelques soirées torrides ces derniers jours, il me rappelle mon ex mannequin en encore mieux, je dois vraiment être attiré par un type de garçon en fait, les very pretty boys, je n'arrive pas à concevoir qu'un mec comme ça puisse faire du porno, il pourrait être modèle de catwalk sans aucune difficulté, je sais qu'il est originaire de Toronto, il débarque en Californie vivre l'american dream et se retrouve à sucer des queues plus ou moins fraîches devant une caméra, ce genre de destin me fascine ;

ah Malachi ... 


Par Bradshaw - Publié dans : bradshaw
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Dimanche 21 juin 2009

 [nouvel extrait de l'album qui m'a accompagné tout l'hiver]
Par Bradshaw - Publié dans : videos/mood
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Mercredi 10 juin 2009
je ne sais plus trop où j'en suis, ni d'ailleurs qui je suis avec les mouvements d'humeur brutaux que je subis ces derniers temps ;

suis-je un garçon timide et réservé, voire autiste parfois ? suis-je ce mec cynique, extraverti tendance langue de pute que j'étais le week-end dernier ?

je suis sous l'influence de médoc depuis tellement de temps que je ne sais toujours pas bien qui je suis à 30 ans passés ;

surfant sur le rush d'énergie provoqué par la reprise de l'anafranil, j'ai multiplié les séances de sport et les sorties, samedi soir j'étais déchaîné au point de ne plus vraiment me reconnaître, j'ai failli me battre avec un mec au banana, un mec que j'avais traité ouvertement de gros porc quelques secondes plus tôt après m'être foutu de la gueule de son pote dont les seins (un bon 85 A) pointaient sous le tee-shirt ;

le mec ne m'a pas suivi dehors lorsque je lui ai demandé, mais s'il l'avait fait, je me serais vraiment battu avec lui, moi, me battre ?! moi qui suis complètement inoffensif, non violent, j'étais prêt à oser le ridicule de deux fiottes entrain de se battre devant le banana, genre je me serais sûrement retrouvé à lui dire "non pas les vêtements" (j'avais bien sûr ma panoplie Dior sur le dos) ou "non pas les cheveux" de peur d'être décoiffé ;

dans la série je ne me reconnais pas, j'ai aussi montré mon cul à deux reprises aux malheureuses personnes qui m'accompagnaient ce soir là, je ne sais plus sous quel prétexte fallacieux, mais ça ne me ressemble pas du tout non plus, je m'en suis souvenu 48 heures après les événements, dans un flash de honte ;

je suis entrain de virer borderline psychopathe selon l'expression employée par l'excellent Coco dans un de ses derniers posts et ça me fait un peu peur ;

c'est étonnant tout ce que l'on peut faire quand on a de l'énergie, moi d'ordinaire je suis quasiment neurasthénique, mais du fait de cet afflux récent et inespéré d'énergie ces dernières semaines, j'ai mieux compris pourquoi les gens entreprenaient des choses, c'est vrai qu'avec cette force à l'intérieur de soi on peut avoir envie de faire beaucoup : monter sa boîte, parcourir Paris pour un plan cul, sauver les baleines ou devenir Président ;

je ne voulais pas que la soirée se termine dimanche matin, après une after coke chez moi (genre je reçois des gens chez moi maintenant ?!), je n'ai pas eu beaucoup de difficultés à convaincre la bande de droguas qui était là de repartir en centre ville pour choper un dernier gramme ;

on s'est retrouvé finalement à sniffer de la lessive (ariel ou le chat, j'hésite encore) à 11h du mat' dans le joli appartement d'une jolie fille que m'a présenté G., encore une soirée à 300 € puisque j'avais payé ma bouteille au banana et participé aux "frais" précédents, c'est pas la crise pour tout le monde ;

je me suis fait pas mal dragué ce soir là, mais ces garçons ne me plaisaient pas et comme ça fait un bail que je n'ai pas flirté (je dirais bien deux mois) je me sens un peu comme une pucelle qui souhaite donner son premier baiser à un garçon vraiment mignon, j'ai plus l'âge de galocher juste pour le principe ;

le flot d'énergie n'a cependant pas duré, ce matin je n'ai pas réussi à mettre le nez dehors, je me sentais trop moche, j'étais déjà en retard pour le taf alors je me suis dit que ça faisait un moment que je n'avais pas été malade, donc j'ai call sick au bureau inventant une excuse bidon, j'ai appelé sos médecin pour avoir un arrêt puis je me suis recouché pour la journée dans mon nouveau lit que j'espère inaugurer bientôt avec un mec ;

je me suis relevé à 17h puis j'ai filé au sport, trépignant finalement à l'idée du prochain week-end.

Par Bradshaw - Publié dans : bradshaw
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Vendredi 5 juin 2009
j'ai passé le mois de mai en apnée ;

les jours se sont écoulés, les semaines ... je ne me souviens pas bien de ce que j'ai fait de tout ce temps, ma mémoire flanche complètement, je sais en tout cas que j'ai beaucoup fumé de shit, que mon dealer était la personne que j'ai le plus appelé, que j'étais à deux doigts de le mettre en numéro abrégé sur mon portable ;

je me suis gavé de shit jusqu'au dégoût, je me suis aussi gavé de séries pour oublier ma réalité, me faisant les trois saisons de Brothers & Sisters en quelques jours, rattrapant mon retard sur les autres show de manière compulsive ;

je bouffais n'importe quoi, je n'allais plus au sport, je regardais mon corps devenir flasque lentement, mes muscles fondre, je ne trouvais plus de raison valable pour prendre soin de moi, d'ordinaire l'orgueil me pousse à une certaine hygiène (toute relative) mais là, la motivation avait disparu ;

et puis j'en ai eu marre ;

il m'a fallu du temps, mais j'ai fini par en avoir marre, j'avais touché le fond, je creusais encore, j'ai fini par dire stop ;

j'ai alors demandé à mon psy un énième changement de médoc, je ne baisais plus depuis des mois anyway je n'avais rien à perdre, j'en avais assez de me battre avec l'angoisse et tous mes essais de nouvelles molécules ces 18 derniers mois étaient motivés par l'idée de retrouver un minimum de désir pour autrui (oui parce que seul, avec mes centaines de porno, de plus en plus ciblés sur certains de mes fantasmes, ça marchait, encore un moyen de fuir évidemment) ;

alors je me suis souvenu que début 2007, quand j'étais si mal et que je consultais à Saint-Anne, un antidépresseur avait eu plus d'effets que les autres, pas de miracle bien sûr, mais il m'avait fait prendre 10 kilos plus que bienvenus pour le sac d'os que j'étais, il avait supprimé mes angoisses et m'avait donné un bon coup de fouet, à tel point que je m'étais mis à rechercher de nouveau un taf d'avocat à temps partiel, que j'en avais trouvé deux facilement, bon après je n'ai pas tenu plus de 48h dans ces cabinets, mais l'effet booster était évident ;

ce médoc est le plus ancien antidépresseur, il a été découvert dans les années 50, démodé un temps par l'arrivée dans les années 80 des Prozac et consorts, beaucoup de psy y reviennent aujourd'hui finalement ;

certes, il a pas mal d'effets secondaires (bouffées de chaleur, prise de poids, problème digestif, tremblements, no libido ...) mais sur moi il fonctionne bien et je n'en pouvais plus d'avoir peur de tout, de toute façon, comme je l'ai dit plus haut, j'avais déjà arrêté toute tentative de sexe, alors quitte à être asexué autant être bien (enfin mieux serait plus exact) dans mes pompes ;

alors je tente le coup depuis une quinzaine de jours, les effets n'ont pas manqué d'arriver, je ne me souvenais plus combien il était efficace, j'ai sans doute commencé à un dosage trop élevé et les premiers jours j'étais un peu comme sous amphét', j'appelais tout le monde, je m'excitais tout seul chez moi, je ne dormais plus, ma mère ne comprenait pas pourquoi, après des mois de silence, je l'appelais subitement une heure tous les jours, j'essayais de me contrôler pour avoir l'air à peu près normal au bureau, c'était pas facile ;

ça m'a permis de me rendre compte que je n'étais plus dans la même situation qu'il y a deux ans, que je n'avais plus besoin d'une dose aussi forte, le fait d'avoir un taf qui m'impose un rythme de vie un peu cadré m'aide à lutter contre la dépression ;

j'ai donc diminué la dose, je suis aujourd'hui à la recherche du dosage minimum qui me permettrait de ne plus avoir d'angoisses ni attaques de panique, tout en ayant le moins d'effets secondaires possible ;

j'ai repris contact avec mes amis, j'ai repris le sport la semaine, je dors moins, je mange plus, je me suis ressaisi en fait, j'ai eu de nouvelles envies, j'envisage même timidement des voyages pour cet été, je suis plus souriant et avenant, je me supporte davantage, j'ai finalement assisté au mariage de ma meilleure amie, c'était émouvant de la revoir avec son nouveau nez et ses nouveaux seins dans une robe de mariée, moi aussi j'aimerais bien me marier un jour, je ferais comme elle une entrée fracassante au bras de ma maman dans l'Eglise, je rejoindrais mon amoureux devant l'autel, je saurais - comme mon amie me l'a dit à propos de son mari - qu'il n'est pas parfait, mais que c'est lui que j'ai choisi ;

je tenterai le coup ;

je me prends à rêver ;

les joies de la chimie du cerveau.

Par Bradshaw - Publié dans : bradshaw
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Mercredi 29 avril 2009
j'attends et ça commence à faire long ;

j'encaisse les coups, je ne ressens toujours rien, je suis comme anesthésié, étranger à la situation ;

après la récidive du cancer de mon père, la faillite de sa boîte, j'ai appris le week-end dernier, la tentative de suicide de ma meilleure amie, E., hôtesse de l'air ; 

elle s'est défenestrée au cours d'une de ses escales, s'est tassée deux vertèbres et cassée les deux pieds, elle a été rapatriée d'urgence chez son père, je n'en sais pas beaucoup plus ;

elle ne souhaite pas me parler pour le moment, j'ai eu sa belle-mère au tél dimanche, qui m'a dit qu'elle serait en convalescence pendant au moins un mois à L. ;

ces derniers temps je me suis beaucoup éloigné d'elle, je ne supportais plus sa relation avec son mec, ce que celle-ci avait fait d'elle, les états dans lesquels elle se mettait pour ce boulet ;

ça a correspondu à une période où de toute façon, je me retirais un peu du monde, comme lassé, où je n'avais plus la force d'entretenir un lien qu'il soit amical, familial ou sentimental ;

alors je ne fais plus rien ou si peu, je me suis remis à fumer du shit de manière intensive, je dors, je ne vais plus au sport, mes muscles fondent à vue d'oeil, moi aussi globalement puisque je ne bouffe rien ;

même sortir en club ou faire du shopping ne m'intéresse plus ;

je suis tout de même allé au Queen dimanche dernier, histoire de pouvoir dire que je ne suis pas resté enfermé chez moi tout le week-end à mater des séries et fumer des pétards entre deux siestes ;

G. avait un bon contact, la coke était bien pour une fois, on a passé la soirée à faire des allers-retours aux toilettes ;

je n'avais envie de personne, je ne ressens aucune pulsion, je suis comme mort à l'intérieur, j'ai décidé d'arrêter toute tentative de sexe anyway ;

je dois aller faire un test HIV bientôt pour ma dernière connerie d'il y a trois mois, ça devrait aller, enfin j'ai tellement la baraka en ce moment qu'on ne sait jamais, j'avais à l'époque demandé au mec en question de faire un test, en passant au passage pour un vrai psychopathe, donc bon, il y a toujours cette histoire de période muette du virus, pas que je tienne particulièrement à la vie mais j'ai très peur de la maladie et je ne voudrais pas mourir malade ;

je me demande combien de temps je vais encore pouvoir tenir comme ça, lorsque tout résidu d'espoir de miracle aura disparu, je ne pourrai m'accrocher à rien puisqu'il n'y aura plus personne autour de moi.
 
Par Bradshaw - Publié dans : bradshaw
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Vendredi 17 avril 2009

Le 22 février 1942, Stefan Zweig désespère de l'avenir du monde et rédige le message d'adieu suivant :

" Avant de quitter la vie de ma propre volonté et avec ma lucidité, j'éprouve le besoin de remplir un dernier devoir : adresser de profonds remerciements au Brésil, ce merveilleux pays qui m'a procuré, ainsi qu'à mon travail, un repos si amical et si hospitalier. De jour en jour, j'ai appris à l'aimer davantage et nulle part ailleurs je n'aurais préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a disparu pour moi et que ma patrie spirituelle, l'Europe, s'est détruite elle-même.
Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble. Et les miennes sont épuisées par les longues années d'errance. Aussi, je pense qu'il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde.
Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l'aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux. "

Le lendemain, Stefan Zweig et son épouse s'empoisonnent ensemble : pour se soustraire à la vie sans brutalité …

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Vendredi 10 avril 2009
ce soir j'ai l'impression d'être dans un épisode de Breaking bad ;

la boîte de mon père n'aura pas survécu à la crise financière et à la récidive du cancer de ce dernier, elle sera liquidée sans doute avant la fin de l'année ;

je ne serai jamais riche, je ne verrai jamais la couleur des millions virtuels évaporés de mon père ;

c'est la fin d'une période qui aura durée près de trente ans, le temps d'une enfance dorée, d'une adolescence sans souci financier et d'une vie de jeune adulte à l'abris du besoin habillé en Dior ;

vu comment est partie cette année, je sens que le prochain IRM de mon père prévu le 22 avril prochain nous promet encore des surprises ;

je l'ai trouvé ce soir attablé à la cuisine, lisant une revue et écoutant du jazz à la radio, je me suis demandé à quoi il pouvait penser, ce qu'il pouvait ressentir à ce moment précis, j'ai imaginé le bilan qu'il pouvait faire de sa vie : la société où il a investi tant de temps et d'énergie sur le point de couler, lui si ambitieux et fier de sa réussite venant d'un milieu ouvrier, une tumeur au cerveau récalcitrante qui le menace à court terme, une femme fragile et forte à la fois mais qui a trop encaissé ces dernières années pour arriver à cacher sa tristesse, une fille expatriée à Londres enfermée dans son monde de geek et sans relation amoureuse connue à l'âge de 33 ans, un fils pédé dépressif complètement perdu qui se traîne sans passion et avec qui il n'a jamais pu communiquer ;

à chaque retour en famille se reproduit la même scène, je suis dans la voiture en rentrant de la gare avec ma mère et vient la sempiternelle question, alors qu'est-ce que tu nous racontes de beau sur Paris ? à chaque fois je cherche très fort en moi la force de répondre une banalité, je me suis imaginé ce soir ce que je dirais si je devais dire la vérité, pour ne pas échanger justement que des banalités mais se dire des choses qui comptent :

"alors voilà maman je ne viens pas à bout de ma dépression, j'ai encore changé de psy, je me couche à 18h30 en rentrant d'un boulot mal payé qui ne m'intéresse pas sans aucune perspective d'avenir, je n'ai pas de vie sexuelle, pas de copain bien sûr, je me suis brouillé avec mes meilleures amies, je n'irai pas d'ailleurs au mariage de l'une d'entre elle, ma seule occupation est d'acheter des chemises à 300 € et de me défoncer à la coke et à la vodka pour oublier un peu la réalité ... tu veux savoir autre chose ou c'est bon ? ... ah oui ! j'ai prêté 60 000 € à mon ex avec l'argent de la donation que vous m'avez faite et je ne suis pas du tout sûr qu'il pourra un jour me rembourser, sinon je me bourre toujours d'antidépresseurs et d'anxiolytiques pour surmonter mes angoisses ... ah et puis cette semaine un ami que j'appréciais beaucoup m'a appris qu'il n'avait rien à me dire et qu'il ne supportait pas ma présence ... on continue ... ah tu préfères que je m'arrête là, c'est toi qui vois ... mais y'a encore plein de trucs je t'assure ... non vraiment alors j'arrête "    

j'ai appris que dire la vérité n'est souvent pas la meilleure solution, que l'on créera juste de l'inquiétude et de la tristesse chez la personne que l'on aime sans pour autant être soulagé de son fardeau, bien au contraire, on portera en plus la culpabilité de faire souffrir son entourage ; 

alors depuis des années je ne dis plus rien, je m'en tiens aux banalités qui me coûtent pourtant, je sers les dents les trois ou quatre fois où je vois mes parents dans l'année et je continue à attendre que ma vie commence. 

Par Bradshaw - Publié dans : bradshaw
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Mercredi 8 avril 2009
je suis dans un mood très particulier depuis quelques temps, je ne vois plus personne, le téléphone ne sonne plus, je ne souhaite visiblement plus voir certains de mes amis proches, d'autres à l'inverse me tournent le dos, mais bizarrement je me sens apaisé, comme si j'avais accepté la situation, mon état ;

j'embrasse ma solitude sereinement, je n'ai besoin de personne pour le moment, juste de regarder le temps filer sous mes yeux sans rien faire pour le retenir ;

j'ai beaucoup donné, peu reçu, souvent plus parce que je ne voulais pas recevoir que par ingratitude des autres ;

je voulais garder les autres à distance, c'est parfaitement réussi ;

je continue à énormément dépenser, des fringues Dior et des nouveaux meubles, pas mal de coke aussi bien sûr ;

là aussi je ne réalise pas que c'est mon avenir que je compromets que la situation actuelle ne me permet plus ce train de vie, je suis hors de ces considérations ;

dimanche soir je suis sorti au Queen après m'être envoyé un g et bu le tiers d'une bouteille de vodka, après ça je me sentais mieux, surtout associé à deux lyzenxa, un xanax et deux atarax ;

j'étais déchaîné, en forme, il paraît qu'il y avait T. que je n'ai pas aperçu car j'étais trop défoncé mais qui m'a envoyé un mail hier pour me faire remarquer que je ne lui avais pas dit bonsoir, je lui ai répondu que si je l'avais vu je lui aurais sauté dessus et que ça m'aurait fait très plaisir de le croiser comme ça par hasard, j'en ai profité pour lui proposer que l'on se revoit en amis, il m'a répondu que me voir lui provoquait des angoisses, que nous n'avions rien en commun, rien à se dire, qu'il était mal à l'aise en ma présence ;

j'ai pris ça dans les dents cette nuit en lisant son mail, moi qui pensais être si complice avec lui j'étais complètement à côté de la plaque, comme quoi chacun vit son histoire de son côté sans réaliser une seconde ce que pense vraiment l'autre ;

si je n'avais pas si mal au ventre aujourd'hui car j'ai augmenté mon traitement d'antidépresseurs, je prendrais ça avec une relative sérénité et puis cette situation se répéte depuis tellement de temps, j'ai appris à vivre sans lui, sans personne en fait ;

bien sûr avec une telle dose de traitement aucune activité sexuelle n'est sérieusement envisageable ;

je ne ressens plus rien, je suis calme, j'attends de prendre consistance, de cesser de n'être qu'un fantôme errant dans la vie.

Par Bradshaw - Publié dans : bradshaw
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Mercredi 25 mars 2009
trip revival ces derniers jours, avec des personnes qui ont énormément comptées pour moi, des amis de 10 ou 15 ans, qui ne vivent plus près de moi et qui me manquent beaucoup ... ou avec qui c'est plus compliqué ;

d'abord F. de passage sur Paris qui me propose de faire la fête samedi, j'aurais aimé à cette occasion pouvoir réunir M. également de passage en provenance de Londres et Lu. qui elle vit sur Paris ;

malheureusement, je joue toujours de malchance et m'y étant pris trop tard M. avait déjà booké sa soirée et Lu. n'aurait fait l'effort de venir que si ce dernier était là ;

ça aurait été très étrange pour moi de voir ces 3 personnes réunies, ce sont des amis de l'époque où j'arrivais encore à me faire des amis et puis on a traversé tellement de choses, la fin de l'adolescence, le début de la vie d'adulte, les premiers amours, la découverte du sexe, les sorties ;

finalement je me retrouve juste avec F. ce qui n'est déjà pas si mal, j'adore ce garçon qui fait toujours souffler un vent de fraîcheur dans ma vie à chacun de ses passages, il a une telle liberté, il arrive chez moi après un plan cul, car oui il a aussi une libido très développée même s'il est en couple depuis deux ans ;

j'ai un peu de mal à me mettre dans l'ambiance, je suis déçu de l'absence de M. et de Lu., et je supporte très mal les contrariétés, mais la bonne humeur de F., associée à pas mal de vodka-champagne m'aident à me détendre, on décide de décoller pour le banana car même si lui a envie d'une grosse soirée moi je n'ai toujours pas envie de tomber sur la moitié de mes ex en sortant dans un lieu trop fréquenté par ces derniers ;

arrivés au banana on s'aperçoit que ça ne va pas être possible, bizarre mélange d'hétéro-beaufs et de radasses habillées en Pimkie, je cède et on file vers le mix pour Matinée ;

il est 3h, pas mal de monde mais pas blindé non plus, la soirée à la loco a dû faire concurrence, on prend une bouteille, on se retrouve dans le carré VIP au dessus de la fosse, on aimerait en sortir pour descendre avec le peuple mais apparemment le videur nous indique qu'aucune bouteille ne doit sortir du carré ;

on danse un peu, on commence à être bien pétés, je me frotte à un mec encore plus bourré que moi, il est 5h et on se dit qu'il est grand temps de trouver de la coke, je m'adresse au premier mec que je croise qui m'entraîne immédiatement vers un autre mec qui me tend un pochon, on se tire alors et on rentre chez moi ;

on tape le g, pas trop mal pour un truc choppé en boîte, on discute et on refait le monde, on se couche à 10h avec trois xanax dans les dents pour redescendre ;

je me réveille le lendemain avec une terrible gueule de bois, F. doit prendre son train, je comate toute la journée et toute la soirée ;

le lendemain je ne bosse pas comme tous les lundis depuis quelques mois, j'ai rendez-vous chez mon psy, je ne me souviens plus de quoi on a parlé, juste que je lui ai dit que je trouvais les séances bien trop courtes pour permettre de se confier ;

après je rejoins enfin M. accompagné de quelques amis aux piétons, ça me fait chier de devoir le partager avec d'autres donc je tire un peu la gueule, en plus je lui en veux de ne pas être venu samedi, on dîne aux marronniers, on va boire un verre à l'open, je me détends, il faut toujours me laisser un peu de temps ;

il est minuit et je bosse demain, j'ai pas trop envie de sortir mais pas non plus envie de laisser passer une soirée avec M., je l'accompagne avec une copine là où il loge dans l'appart d'un pote à Réaumur, je ne me sens pas très bien, fait une mini attaque de panique sans quoi la soirée ne serait pas réussie, je me calme à coup de xanax, un ami à M. passe par là, propose d'aller chercher de la coke, je n'hésite pas longtemps, on prend un cab chercher le g, je me retrouve ensuite à l'appart en tête à tête avec M., ce que j'attendais depuis le début de la soirée ;

là de 2h à 6h du matin on va discuter comme au bon vieux temps, de tout et de rien, de nos vies qui filent et qui déraillent parfois, de livres, d'expo, de films, on essaye de rattraper le temps perdu au rythme des traits de C si propice à l'échange, c'est vraiment un bon moment, rare ;

je décolle tout de même vers 6h30, je décide de ne pas dormir pour ne pas rater le taf, je m'endors finalement une heure, j'hésite longtemps à call sick puis trouve la force on se sait comment d'aller au bureau, je suis encore tout coké ;

je glande au taf, je reçois alors un mail de Londres de L. à propos de son mariage qui approche, elle me dit qu'elle ne souhaite pas que N. mon ex m'accompagne car elle lui reproche ses quelques malversations financières, je lui réponds que dans ces conditions je n'irai pas à son mariage, j'en profite pour lui dire que je commence à saturer de cette petite comédie que l'on mène depuis des années à faire comme si on était encore amis alors que plus rien de concret ne nous unit, que deux coups de fil par an et trois mails ne font pas une relation, que tout ce qu'il reste entre nous ne sont que des souvenirs, que nous n'avons pas su entretenir le feu, qu'il ne reste que des cendres ;

elle le prend mal, me répond par mail des choses définitives alors que je l'invitais à réfléchir à cette situation, elle se montre particulièrement sentencieuse et catégorique, je déteste ça, elle me dit que l'on va couper les ponts, j'essaie alors, en échangeant des mails avec elle toute la journée, de temporiser les choses alors qu'elle ne fait que les envenimer, elle se dit insultée alors qu'aucun de mes mails n'est injurieux, le clash fait que je m'aperçois que je ne sais plus qui elle est, qu'elle ne sait pas plus qui je suis ;

j'étais dans une démarche de sincérité totale quant à mon ressenti, il m'aurait été plus facile de continuer à faire semblant mais il semble depuis quelques temps que je n'y arrive plus, je ne suis plus prêt à tout pour éviter le conflit, je dis les choses, quitte à risquer de perdre la personne, quitte à être encore plus seul, je ne veux plus de compromis, plus de faux-semblants, ça semble être la nouvelle attitude qui s'est imposée à moi puisque j'ai vécu une situation semblable, certes pour d'autres raisons, avec E. récemment ;

pour ce qui est de L., je l'ai invitée une nouvelle fois à la réflexion, à prendre son temps, j'espère qu'elle comprendra ma démarche.   

Par Bradshaw - Publié dans : bradshaw
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Mercredi 18 mars 2009
que dire de ces dernières semaines ?

je n'ai pas écrit ici car je n'ai envie de rien, je suis vide, je rentre du boulot et je me couche, je ne suis pas triste, juste angoissé, mes nouveaux médoc ne conviennent pas, je ne vais plus au sport, je suis moche, je maigris ;

j'arrive à faire seulement deux choses, le samedi soir je vais me murger la gueule en boîte et puis comme toujours je dépense un maximum, pas de fringues de luxe en ce moment car séduire n'est plus ma priorité pour l'instant, mais des meubles, un écran plat, des lampes, des rangements, des lustres, des nappes et toutes sortes d'objets de déco, je sais que je vais rester encore un moment dans mon appart et je veux m'y sentir bien, être entouré de nouveaux objets, en voir disparaître d'autres qui me sortent par les yeux, c'est pour cela que j'ai beaucoup jeté de trucs également, certaines personnes ont du mal avec ça mais moi j'adore jeter, faire le vide, donner de l'espace ;

le problème est que j'ai un comportement compulsif et que je ne sais pas m'arrêter, il me faut tout, tout de suite, si bien que j'ai vidé mon compte et que je n'ai plus une thune, je résiste très mal à la frustration, j'attaque même mes réserves que j'avais promis de ne pas toucher depuis que mon ex s'est mis à me rembourser un peu mensuellement ce qu'il me doit ;

mon psy que j'adore pour l'instant même si les séances sont trop courtes à mon goût et qu'il ne décroche quasiment pas un mot, me dit que je me nourris d'objets plutôt que de nourriture avec laquelle j'ai beaucoup de mal en ce moment pour cause d'anxiété généralisée ;

mais comme pour les fringues de luxe, l'achat d'écran plat et de meubles hors de prix ne me fait me sentir exister qu'un court moment, passé la décharge d'adrénaline au moment de l'achat et l'excitation d'installer ces nouveaux objets chez moi, je me sens aussi vide qu'avant, surtout que je ne partage ce nouvel intérieur avec personne vu que je déteste de manière générale recevoir des gens chez moi et que je n'ai pas de mec ;

je m'éloigne peu à peu du monde, je me retire chez moi, je ne vais plus au queen le dimanche soir, plus à under, seulement parfois dans des petites boîtes où je ne risque de croiser personne ;

j'ai écarté plus ou moins consciemment mes amis, je ne les appelle plus, je ne retourne pas leurs coups de fil et après une énième séparation de E. d'avec son mec j'ai atteint mes limites avec cette histoire et décidé de prendre pour quelques temps mes distances avec elle, le temps que les choses se calment ; 

T. de son côté se refuse obstinément à accepter mon aide ou ma présence, je ne vais pas lui reprocher ce que je fais moi-même avec d'autres, je comprends, j'essaie d'avoir quelques nouvelles de lui au détour d'un mail ou d'un texto ;

mon père continue de lutter contre le big C, ses plaquettes ne sont pas assez élevées ce qui compromet la chimio, je ne réalise toujours pas vraiment la situation et cette putain de crise qui nous fout dans la merde financièrement pour vendre la société de mon père et être à l'abris du besoin, tout se goupille très mal, je ne sais pas comment je ferais si je devenais pauvre et que je ne pouvais même plus consommer, avec mon salaire de misère je n'irais pas bien loin ;

acheter, séduire, il n'y a que ça qui me fasse continuer, sans ça je n'aurais vraiment plus aucun moteur dans ma vie et je comprendrais une nouvelle fois si bien les courageux, ceux qui refusent la médiocrité, l'insupportable et qui disent bye bye ce sera sans moi.

Par Bradshaw - Publié dans : bradshaw
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