l'angoisse se fait plus rare, je me surprends à espérer, je reste pessimiste tout de même, on ne change pas ça à mon âge ;
je voulais un dernier été à Paris, je voulais me sentir une dernière fois beau et désirable dans les yeux d'un autre, je voulais passer des nuits moites en club, m'enivrer une dernière fois, rire de mes fausses dents blanches et séduire ;
mais la plupart du temps, je me sens tellement mal dans ma peau, j'ai beau multiplié les séances de gym, les uv, les crèmes, les masques, les soins, les artifices, les chemises trop serrées pour être honnêtes, ce que j'aperçois fugacement dans la glace ne me convient que très rarement et la lumière n'est pas souvent mon amie ;
parfois je me sens comme le maître du monde le temps de deux stations de métro puis le rêve s'évanouit ;
je n'ai toujours pas embrassé de garçon, j'ai hésité au Queen dimanche dernier, mais je n'arrive plus à me convaincre comme l'année dernière de sortir avec un mec qui ne me plaît pas vraiment, lorsque le désespoir s'en va je redeviens too picky comme me l'a fait remarquer justement un adorable américain ;
en fait le problème est que lorsque je trouve un mec vraiment bandant, je rentre en concurrence avec lui et me sens moche par comparaison, je ne me sens pas assez bien pour être avec un mec vraiment mignon, il faut avoir confiance en soi pour cela et j'en manque toujours cruellement ;
c'est pour cela que je me retrouve toujours avec des mecs que je considère, à tort ou à raison, moins attirant que moi, ils ne constituent pas une menace à mes yeux ;
ah il y a bien ce mec avec qui j'ai passé quelques soirées torrides ces derniers jours, il me rappelle mon ex mannequin en encore mieux, je dois vraiment être attiré par un type de garçon en fait, les very pretty boys, je n'arrive pas à concevoir qu'un mec comme ça puisse faire du porno, il pourrait être modèle de catwalk sans aucune difficulté, je sais qu'il est originaire de Toronto, il débarque en Californie vivre l'american dream et se retrouve à sucer des queues plus ou moins fraîches devant une caméra, ce genre de destin me fascine ;
ah Malachi ...
















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